|
La fête battait son plein, mêlant rires et chants, alcools et fruits, amis et ennemis.
La fête battait son plein, mais )-(inAmbour ne buvait pas, ne chantait pas et ne cherchait pas le contact de ses frères d'armes.
Un troll était venu le féliciter, puis un autre... il avait même cru reconnaître Korkiloff qui lui avait parlé quelques instants... des mots qui avaient glissé à la surface de sa douleur et qu'il avait déjà oubliés.
N'y tenant plus, il était finalement sorti.
A travers la fenêtre par laquelle il la regardait, ses yeux restaient fixés sur le corps gracile de Khimili, ses courbes généreuses, sa manière si fraiche d'accueillir les trolls qu'elle aimait.
Son rire venait déverser sa musique à ses oreilles. Ce rire tant aimé qui ce soir sonnait à la fois doux et faux... si faux.
Délaissant ce spectacle qui lui paralysait le corps et l'âme, le skrim contempla longuement ses mains usées par les armes et les coups... et ses maudits démons l'assaillirent de nouveau...
De quel droit voulait-il imposer son errance à celle qu'il aimait ?
L'amour n'était-il pas de la laisser libre et vivante ?
Depuis ces longs mois qu'elle le suivait de combat en combat, que lui avait-il apporté ? que pourrait-il lui apporter demain, sinon des cavernes froides et obscures, des monceaux de cadavres, des ennemis qui les pourchasseraient toujours ?
Elle méritait tellement mieux que cela !
Elle ne pourrait que se lasser de cette non-vie, et le voir de plus en plus commun, banal... comme un vieux troll mal dégrossi qu'il resterait et qu'elle finirait par découvrir un matin puis à rejeter... la fin d'un rêve.
Il ne supporterait pas de lire le reflet de sa propre médiocrité dans ses yeux !
Tout avait débuté par une phrase banale "ne ferait-il pas mieux d'aller chasser du Crasc ?". Et le doute avait germé.
Oui, là était sa place. Il était né pour combattre et tuer, afin de demeurer, pour elle, cette figure héroïque, toujours plus aguerrie, toujours plus létale.
Aujourd'hui et demain... à jamais.
Chasser du Crasc....
Ecrasant son poing sur le rebord de la fenêtre dans un mélange de tristesse, de colère et de dégoût de lui-même, )-(inambour se redressa, équilibra son paquetage et s'enfonça dans les souterrains.
A quelques cavernes de là il devinait la lumière hésitante d'un portail de téléportation qui allait l'emmener à proximité d'un nid de crasc.
Derrière lui, la fête battait son plein, mais dans sa tête le râle des agonisants faisait déjà un écho à sa douleur.
Esprit vaincu, fourbu! Pour toi, vieux maraudeur, L'amour n'a plus de gout, non plus que la dispute; Adieu donc, chants du cuivre et soupirs de la flute! Plaisirs, ne tentez plus un coeur sombre et boudeur!
Et le Temps m'engloutit minute par minute, Comme la neige immense un corps pris de roideur Avalanche, veux-tu m'emporter dans ta chute?
(HRP : euh, à la fin c'est pas moi, c'est Baudelaire...)
)-(
|